QU'EST-CE QUE LE REJOINTOIEMENT?

Qu’il s’agisse d’un mur de maçonnerie massive, d’un parement, d’une cheminée ou d’une fondation, le processus de rejointoiement demeure sensiblement toujours le même.

Il s’agit de retirer la partie détériorée du mortier existant pour le remplacer par un nouveau mortier qui possèdera les mêmes caractéristiques physiques et esthétiques que le mortier d’origine. Le rejointoiement peut être partiel ou complet.

Afin de vous aider dans la sélection du nouveau mortier, il est important de: 

  1. Connaître la date de construction du projet à restaurer et ;
  2. Connaître les causes de la détérioration du mortier d’origine.

 

QUESTIONS IMPORTANTES À SE POSER AVANTDE SÉLECTIONNER LE BON MORTIER :

» Est-ce qu’il s’agit d’un parement ou d’une maçonnerie massive ?

» L’environnement du bâtiment a-t-il changé ?

» Est-ce que des sels d’abrasion sont utilisés à proximité du parement ?

» Est-ce que le parement reçoit du chauffage sur l’une de ses faces ?

» À quelle période de l’année est-ce que je prévois faire les travaux ?

» Est-ce qu’il y a une source d’eau courante à proximité ?

» Est-ce que l’équipe qui effectuera les travaux possède l’expérience requise?

LES RÈGLES DE L'ART EN MATIÈRE DE REJOINTOIEMENT

1. L’ancien mortier doit être retiré sur une profondeur équivalente à deux fois l’épaisseur du joint ou jusqu’à l’obtentiond’un mortier sain – minimalement 20 mm (7/8 pouce).

2. Il faut s’assurer que le fond de la cavité propose un fini carré et non un fini en forme de U ou de V.

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3. Avant de procéder au rejointoiement, il faut s’assurer que le fond de la cavité ne contient pas de débris ou de poussière.

4. Humecter le joint à l’aide d’un léger jet d’eau. La maçonnerie doit être humectée, mais il ne doit pas rester d’eau stagnante au fond de la cavité. 

5. Le nouveau mortier doit être installé par couches successives de 6 mm (¼ de pouce). Le mortier s’applique frais sur frais. Si le mortier a eu le temps de sécher entre les couches, il faut l’humecter à nouveau avant de reprendre les travaux.

LA SÉLECTION DES MORTIERS DE REJOINTOIEMENT

La sélection du bon mortier est essentielle pour la réussite des travaux. Pour ce faire, vous devez vous assurer que le nouveau mortier est compatible avec le mortier d’origine. Les facteurs suivants sont à considérer :

1. Le nouveau mortier doit être égal ou plus faible en terme de résistance à la compression que le mortier d’origine ;

2. Le nouveau mortier doit avoir une capacité de gérer la transmission des vapeurs d’eau qui est égale ou supérieure au mortier d’origine ;

3. Le nouveau mortier doit être durable ;

4. Le nouveau mortier doit être esthétiquement semblable au mortier d’origine.

Comment déterminer la résistance à la compression d’un mortier ou sa capacité à gérer la transmission des vapeurs d’eau? Essentiellement, deux solutions s’offrent à vous :

La première solution consiste à commander une analyse physico-chimique du mortier d’origine. Cette analyse vous permettra de déterminer la résistance à la compression du mortier, le type de liant, les proportions liant / sable, ainsi que la granulométrie du sable employé. Malheureusement, ces analyses sont dispendieuses et peu d’entreprises ont l’expertise pour les effectuer.

 

Connaître la date de construction du projet vous permettra d’identifier potentiellement le type de liant quiaura été utilisé à l’origine.

D’un autre côté, connaître la ou les causes de la détérioration vous permettra de valider si l’utilisation du même type de liant est souhaitable ou encore s’il serait préférable de procéder à des modifications au design du projet avant d’entreprendre les travaux de rejointoiement.

Rappelez-vous qu’il est possible d’utiliser plus d’un type de mortier ou de liant sur un même projet.

 

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6. Lorsque le mortier est suffisamment résistant pour retenir la pression du pouce, mais que l’empreinte du doigt reste présente à la surface du joint, procéder au lissage du joint.

7. Une fois les joints bien compactés, il faut généralement ouvrir les pores du joint de mortier à l’aide d’un pinceau, un blanchissois ou d’un outil spécialement fabriqué à cette fin.

8. Si le rejointoiement du projet n’est que partiel, assurez-vous d’offrir un fini qui s’apparente au mortier d’origine.

9. Assurez-vous de débuter la cure humide aussitôt les joints travaillés.

* Afin d’éviter d’endommager les unités de maçonnerie, il faut bien encadrer l’utilisation d’outils mécaniques pour l’évidage desjoints. La procédure d’évidage des joints doit être bien détaillée dans les documents de soumission. Il est très important de toujours ériger un mur témoin d’environ 1 mètre par 1 mètre avant d’entreprendre les travaux. Ce mur, qui doit faire partie intégrante du projet, servira de référence tout au long des travaux.

 

 

La deuxième solution, moins scientifique, mais tout autant efficace consiste à dater l’origine du projet. Contrairement aux bâtiments européens, l’histoire de la maçonnerie au Canada n’est pas très vieille et les types de liants ayant été utilisés demeurent relativement peu nombreux. Nous adhérons à laphilosophie selon laquelle le nouveau mortier n’a pas à être identique au mortier d’origine, mais qu’il doit être solidaire de ce dernier. La date permet d’identifier avec assez de précision le type de liant qui a pu être utilisé pour la construction du projet– Voir le document Guide d’identification des différents types de liant. Sachant que la proportion de sable est généralement trois fois supérieure en volume à la quantité de liant,la composition du mortier d’origine se précise.

La couleur du mortier d’origine vous aiguille aussi quant à la nature du liant d’origine. Généralement, c’est le sable qui procure la teinte aux mortiers. Les chaux procurent aux mortiers des teintes de beiges, alors que le ciment naturel propose des teintes plus ocres. Quant à eux, les ciments plus récents, suggèrent des teintes de gris.

 

Vous désirez en apprendre plus sur le rejointoiement?